Méthodologie de recherche

Notre questionnement est double

  1. Quels usages les personnes polymorbides de 65 ans et plus font-elles de leurs médicaments ?
  2. Dans quelle mesure la relation qu’elles établissent avec le-s dispensateur-s, de manière générale et lors de l’entretien de polymédication en particulier, influe-t-elle sur leurs représentations et l’observance des médicaments prescrits ?

 

Nous adoptons une approche qualitative dans une perspective socio-anthropologique compréhensive selon laquelle le médicament est à la fois un produit doté d’une efficacité pharmacologique et un objet investi de sens par ceux qui le prescrivent, le dispensent et le reçoivent. L’observance des usagers est interrogée dans cette démarche en cherchant à saisir simultanément la subjectivité des acteurs, ainsi que les enjeux relationnels et socio-économiques qui influencent leur vécu.

Pour comprendre les usages des médicaments par les personnes de 65 ans et plus polymorbides, une enquête qualitative incluant trois modes de récolte de données a été menée.

  • Le premier mode a été de mener 48 interviews semi-directifs.
  • Le deuxième mode nous a permis de confronter ce que les usagers nous disent lors des interviews avec des observations de leurs pharmacies domestiques (48 observations).
  • Le troisième et dernier mode a consisté, parce qu’ils constituent des espaces privilégiés pour voir se déployer la relation entre dispensateur et usager, à mener 12 entretiens de polymédication observés. Au total, nous avons rencontrés 60 usagers.

Actuellement, nous nous avons réalisé 46 entretiens au domicile, 9 entretiens vidéo, 9 observations d’entretien de polymédication en pharmacie et nous sommes encore en train de mener des entretiens téléphoniques

De manière complémentaire à l’analyse socio-anthropologique, des analyses pharmaceutiques et pharmacologiques ont été réalisées sur la base de matériel filmé ou photographié des pharmacies domestiques observées. Ces analyses permettent de saisir ce qui, du point de vue des professionnels, pose problème dans ces pharmacies (surdosages, doublons, iatrogénie) ou au contraire relève d’une certaine cohérence de la polymédication.

Nos résultats pourront permettre de faire une percée significative dans l’étude des médicaments en sciences sociales en s’intéressant non plus à un groupe de médicaments, mais bien à la combinaison de plusieurs médicaments et à leur gestion simultanée par les usagers, reflet d’une complexification de la médication liée au vieillissement de la population couplée à la chronicité. Dans le contexte des HES et des formations professionnalisantes pour futurs soignant-e-s, les résultats seront discutés lors d’enseignements qui viseront à favoriser l’introduction de ces acquis des sciences sociales dans les raisonnements professionnels.

Des restitutions seront prévues avec des médecins prescripteurs et des pharmaciens, ainsi qu’avec des associations de personnes âgées qui seront également approchées pour discuter nos résultats avec les usagers.